C’est en anglais, cela vient d’Albion, et cela dépasse légèrement le cadre chronologique de ce site. Alors pourquoi en parler ? Deux raisons surgissent des tréfonds de mes pénibles justifications : nous avons déjà parlé d’un jeu de cet auteur et de cette gamme (1066 Dans la Fureur et le Sang), et il est possible ici de refaire l’Histoire en obligeant la victoire de Napoléon à Waterloo. Mais comment donc, de l’uchronie en ces lieux ? “Shocking”, dirait ma grand-mère, fière de ses maigres notions de sheakespearien.

Reste que ce jeu se veut respectueux des éléments historiques factuels, par une recherche approfondie évidente. Cela est manifeste dans les descriptifs des cartes comme dans les objectifs fixés pour remporter la partie, ainsi que dans certaines mécaniques de jeu, même si dans ce dernier exemple cela peut sembler moins apparent. C’était déjà le cas dans les jeux précédents de Tristan Hall, le créateur : la bataille de Hastings était bluffante dans son approche et son déroulé. Le siège de Malte par les Ottomans dans “1565 St. Elmo’s Pay”, second jeu de cette gamme, paraît suivre également cette voie d’excellence dans le respect de l’Histoire, mais nous ne l’avons pas essayé.

Risquons-nous un biais partisan de l’Anglais ayant une dent contre l’Empereur à chapeau ? Difficile à dire. Il est de toute manière impossible de contenter tous les passionnés de cette période, ces derniers se volant encore dans les plumes les uns des autres selon leur affinité avec tel ou tel camp, à grands coups de sources et d’argumentaires pointilleux. Et c’est là le soucis quand on aborde une période historique proche, raison pour laquelle en général nous préférons faire l’impasse sur les productions et projets qui s’en mêlent. Cependant, la qualité de “game designer” de Tristan Hall pousse à la confiance, ses précédentes productions parlant très largement en sa faveur.

Qui plus est, le matériel est toujours de très grande qualité, les combinaisons nombreuses et le système de jeu riche en possibilités, et, comme dit en introduction, vous pouvez incarner le camp qu’il vous plaît et faire triompher votre point de vue à coups de cartes, quitte à tordre légèrement les faits historiques. Vous pouvez même utiliser les Normands de Guillaume le Conquérant pour attaquer les Anglais, si le coeur vous en dit, dans la mesure où le jeu permet de mêler ensemble les différents sets de la gamme. Un joli deuxième round uchronique, en somme. Mais si l’on reste sur l’approche historique même, les éléments de communication de l’éditeur pointent dans le bon sens.

La campagne de financement bat son plein, mais si vous préférez patienter, le jeu sera certainement disponible après celle-ci, en achat sur le site de l’éditeur ou chez certains grossistes, à l’instar des autres productions du type. Peut-être que passé un temps, le jeu sera traduit, comme ce fut le cas pour 1066 Dans la Fureur et le Sang, par Nuts Publishing alors.

Autrement, pour soutenir, cela se passe par ici !

Catégories : Nouveaux projets