Vous n’êtes pas sans savoir que fut un temps, chaque région avait sa langue, d’oïl ou d’oc, ou celte ou germanique, ou encore basque, avec ses multiples variantes locales. La République française s’est faite un devoir d’imposer le français standard dans tous les aspects de la vie quotidienne, du commerce aux démarches administratives, avec en première ligne l’école républicaine. Or, imposer une langue, c’est pousser les autres au déclin, voire à la disparition. Ces langues locales, ces patois, ou dialectes, sont vecteurs et ressources de traditions séculaires, d’habitudes culturelles, d’identités ancrées dans les comportements. Sauver une langue, c’est donc sauver la mémoire de nos prédécesseurs, entretenir leur mémoire, et la faire fructifier au bénéfice des jeunes générations. Et l’on sait tout le bien que la maîtrise de plusieurs langues fait aux cellules grises.

Des associations et collectivités luttent pour faire valoir le droit à l’enseignement de ces langues. Les difficultés sont nombreuses : matérielles, économiques, idéologiques, administratives … Cependant, ces acteurs du patrimoine linguistique, bien qu’en ordre un peu dispersé et chacun dans son coin, font avancer petit à petit les choses. Bien des variables rentrent en ligne de compte, mais face à la rupture de transmission qui a lieu depuis presque un demi-siècle avec l’exode des plus jeunes vers les grandes villes, on commence tout juste à voir des initiatives porter leurs fruits, et des modes naître. Curieux phénomène, que celui des modes. Si celles-ci peuvent être bénéfiques, alors soit !

Comment amener le grand public à la redécouverte des langues locales ? Ici, on aurait tendance à préférer les approches indirectes et amusantes. Rappeler que le breton est la langue des bardes, et que les Bretons peuvent nous proposer mieux qu’une énième variation de Tri Martolod. Que le ch’ti n’est pas qu’une blague entre deux frites, c’est un terroir qui s’époumone. Ou que le provençal n’a pas disparu, car tant que le Mistral souffle, Mistral se fait entendre. L’exemple aucunement aléatoire que l’on retient, c’est que le normand connaît plus d’une quarantaine d’expressions pour désigner la pluie, et davantage encore pour les pommes. Et ça, ça fait rêver. Une telle richesse de mots et de formules, pour atypiques ou rigolotes qu’elles soient, mérite qu’on l’entretienne avec un peu d’efforts.

Voilà pour ce qui est d’allumer un peu de curiosité dans vos regards sevrés d’écrans ! Et pour ce qui est de donner suite, jetez un oeil à ces quelques liens, jetés pêle-mêle, afin de constater le potentiel de toute cette histoire babélienne-mais-pas-tant.

Vous souhaitez vous perfectionner en breton ou en gallo, mais les cours vous ennuient ? Faites comme tout le monde, apprenez des jurons. Et si vous en manquez, passez aux blagues. Allez faire un tour du côté des éditions Ouest France, ils doivent avoir ça en stock.

Un peu d’humour normand en chanson :

Le Normand se cherche un nouveau souffle grâce à plusieurs acteurs, dont les éditions Orep, ou la Fédération des associations pour la langue normande.

Une ‘tite chanson provençale pour amadouer votre moitié !

Aux commandes de la protection du provençal, on trouve toujours l’association Felibrige, issue d’un mouvement fondé par Frédéric Mistral en 1854. La sauvegarde des langues, c’est une vieille histoire !

Puisqu’on vous dit que les insultes font partie du patrimoine :

Si, comme nous, vous regrettez de ne pas saisir toutes les subtilités de ce sketch, allez donc faire un tour sur le site de Lehre, donc la vocation est de tout vous expliquer. Et pour une approche plus historique et engagée de la culture alsacienne, Unsri Gschicht est fait pour vous !

Bien dans le thème, l’occitan à l’école, fut un temps :

Pour apprécier l’occitan, ne pas hésiter à suivre les aventures de Suve Prod, qui procède à des collectages dans la lignée de celui ci-dessus. Il en appelle d’ailleurs à votre générosité pour l’aider dans cette tâche considérable. Et pour acquérir gratuitement les bases de cette belle langue, Occitanet est fait pour vous !

Et si vous souhaitez colorer les repas familiaux, allez donc trouver l’inspiration dans l’argot parisien. Celui-ci pour le coup est bien disparu, les Parisiens ayant laissé la place à des êtres uniformes en costard-cravate ou jogging-casquette.

On ne peut donner d’exemples pour tous les pays de France, mais si une langue vous intéresse, nul doute que vous trouverez votre bonheur sur la toile !

Et si l’apprentissage d’une langue vous effraie, n’attendez plus, passez voir les bons conseils du Monde des Langues ! Les langues régionales ne sont pas son domaine de prédilection, mais ses méthodes sont éprouvées !

(Comment, ça motive plus pour apprendre le japonais que le basque ?)
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